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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 13:20

Vendredi 2 mars    Sortie à St Michel de Frigolet  


Beaucoup d’incertitudes pour l’équipe d’organisation Mary, Françoise, Anne Marie.

Pour cette première cueillette de l’année, elles ont décidé qu’il fallait sortir, malgré le retard évident de la végétation, le gel constant et le manque de pluie.

Le soleil au rendez vous depuis plusieurs jours incite à faire cette sortie. Seize personnes se  retrouvent devant l’abbaye avec le plaisir de vivre la sortie de l’hiver.

 

-1--sortie-Frigolet-2-mars-009.jpg(1)

Françoise se propose de nous accueillir en fin de balade dans le jardin de son restaurant.

Elle  décide avec Anne Marie d’explorer de nouveaux espaces à proximité de notre lieu de rendez-vous. La partie la plus humide est prévue au retour, à proximité de l’Abbaye.

Comment décrire nos déplacements attentifs, en quête d’éventuelles promesses végétales.

Notre plaisir est déjà de nous retrouver dans cette belle nature, avec ce soleil lumineux,  ces  échanges spontanés, ’’Un brin d’herbe entre les dents.’’           

-2--sortie-Frigolet-2-mars-015.jpg (2)

Moments propices à des sourires, à des histoires de plantes…(entendues parmi d’autres) :’’ Le loup adopté par le chaperon rouge a dû promettre de rester végétarien.’’ . Chacun invente de multiples autres variantes inattendues … entre deux observations de terrain.  

Les premières feuilles naissantes de l’asphodèle (3)

 -3--sortie-Frigolet-2-mars-001.jpg ; drues, vert foncé, à ras du sol, attirent très rapidement l’attention. Certains les comparent, à celles d’un ananas.

Cette période peu productive nous incite à réfléchir au comportement de nos ancêtres cueilleurs.

L’asphodèle,  alimentation de survie offre ses bulbes à cuire, mais peut être aussi ses premières pousses. Le blanc des feuilles encore inséré dans le sol  émet moins d’amertume que le vert.

Comment cuisiner au mieux ce végétal ?  Voilà de quoi ‘’alimenter’’ les échanges entre participants. Des propositions fusent, une cueillette s’organise.

Soudain, aperçu à ras du sol, l’unique très jeune spécimen de laitue vivace

-4-sortie-Frigolet-2-mars-012.jpg(4).

  Broderie fine et verte très découpée, elle capte tous les regards. Certains à genoux se relèvent avec difficulté. J’ai du faire de même pour obtenir la photo.

L’absence de nouvelles ressources nous oriente vers les valeurs sûres quasi constantes de ces terrains de garrigue.

Le thym(5),

-5--sortie-Frigolet-2-mars-011.jpgle romarin (6)-6-sortie-Frigolet-2-mars-008.jpg

 méritent nos cueillettes avec leurs infinis usages salés et sucrés. Ils offrent encore d’autres applications, la gelée de thym, le romarin en couverture pour un gâteau au chocolat. Françoise a prévu toutes ces expérimentations savoureuses au goûter.

 

Des lieux abrités nous fournissent quelques promesses de pimprenelles, pissenlits et autres crépis, mais pas encore assez pour une cueillette.

Le cheminement du retour est ponctué d’autres observations comme les nombreux ‘’grattés’’(7)

  -7-sortie-Frigolet-2-mars-014.jpgdes lapins ou la pointe asséchée des végétaux saisis par le gel, en cours de pousse.

Nous arrivons près de l’Abbaye, dans une zone semi boisée et humide, habituellement très fournie en espèces délicates et goûteuses.

 

C’est là que Françoise a cueilli de quoi réaliser le repas collectif qu’elle nous destine.

 

La véronique à feuilles de lierre (terrestre) est à petites fleurs blanches(8).

  -8--sortie-Frigolet-2-mars-021.jpg

Elle est bien meilleure que la véronique de Perse à petites fleurs bleues, (citation Françoise), Dans ce même lieu, de proche en proche,

la stellaire(9),-9--sortie-Frigolet-2-mars-019.jpg


l’alliaire, des rumex ‘’violon’’(10),-10-sortie-Frigolet-2-mars-020.jpg


des silènes(11),-11--sortie-Frigolet-2-mars-018.jpg


du plantin lancéolé.

Nous rejoignons la cour du restaurant au soleil avec ses tables et ses bancs.

La dégustation traditionnelle s’organise : (12)-12--sortie-Frigolet-2-mars-029.jpg

Goûter avec deux gâteaux dont celui au chocolat et au romarin avec boissons chaudes.  Un peu plus tard, un taboulé à la véronique et aux citrons confits (13)-13--sortie-Frigolet-2-mars-026.jpg

 , accompagné du vin bio Pélisson et d’un dessert de fromage blanc parfumé à la gelée de thym.

Comme souvent, un moment hors du temps  se développe, ici au détour d’une information :

Françoise ne trouvant plus le temps d’une séance d’aquarelle, nous délivre quelques informations sur l’utilisation des couleurs et  évoque le gris des pétales de fleurs d’amandiers.

Soudain une question jaillit comme un doute sur l’existence de ce gris !

Françoise pour illustrer son propos, quitte l’assistance pour aller chercher hors de la cour une branche fleurie. (14) Tout le monde attend, suspendus dans ce soleil qui descend.

Une nouvelle explication autour des fleurs ne semble toujours pas convaincre celui qui a posé la question. (15)

-15-sortie-Frigolet-2-mars-035.jpg

Françoise se retire à nouveau, revient munie des accessoires du peintre et esquisse sur un  carnet, cette fleur d’amandier faite des nuances de gris (16)

  -16--sortie-Frigolet-2-mars-036.jpg. La lumière est au couchant, le froid a gagné l’assistance qui suit cette fleur née d’un reste de lumière et du gris de la nuit. 


 

A bientôt, soyez nombreux et nombreuses le jeudi 22 Mars.

 

Nous fêterons le printemps, en espérant que la pluie aura eu la bonne idée de tomber les jours pécédents.

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 14:11

Utilisations culinaires: les jeunes feuilles de la rosette constituent un excellent légume cuit à la façon des épinards. En vieillissant les feuilles deviennent amères et immangeables.

 

Recette: mille-feuille de filet mignon de porc à la picride

 

150 g de filet mignon de porc

150 g de feuilles de picris

30 g de beurre salé

50 g de cantal doux

huile, sel, poivre

 

Ebouillanter 3 minutes les feuilles de picris. rafraîchir, égoutter. Conserver 10 cl de jus de cuisson. Hacher les feuilles, les sauter au beurre. Rotir les files de porc, les tenir rosés. Déglacer le récipient de cuisson avec les 10 cl de bouillon de picris. Détailler le filet en 12 tranches. Effectuer le montage en superposant tranches de filet, picris, cantal. Finir avec du cantal et passer au four pour finir de cuire le filet et gratiner.

 

 

 

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 14:09

aquarelle isabelle

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 13:15

Aujourd'hui direction la fontaine de Dèves, au lieu dit le pic du loup, sur la route qui va d'Aramon à Sazes.

 

 

 

la fontaine de dèves

cette eau, réputée miraculeuse comme toutes les sources, est recueillie par nos participant, avant le départ vers la cueillette..panier et pierre

 

joli chemin

 

Aprés avoir emprunté un joli chemin nous récoltons des bettes maritimes,de la fausse et de la vraie roquette, de l'alyssum maritimum , de la cousteline et de la pimprenelle.

 

 

 

 

bette maritimepimprenelle

 

Bette maritime pimprenelle

 

Au passage d'un bosquet de cades, Yves nous rappelle que le cade se distingue trés difficilement du genevrier, par son aspect extérieur.Par contre si on regarde attentivement la feuille du cade, on constate qu'elle possède deux filets blancs, alors que la feuille du genevrier n'en possède qu'un.

 

Tout en cheminant , Joelle, Colette  et Magdeleine nous font une démonstration de sifflement avec des feuilles.Trop fort!

siffler 1siffler 2

 

 

 

 

 

Nous revenons au bercail, c'est à dire à Frigolet, pour aquareller, comme Corinne par exemple.

 

corinne aquarellant

 

 

Aprés quelques dégustations, nous nous séparons en se donnant rendez-vous au samedi 7Janvier.

 

En attendant, passez de bonnes fêtes et Bonne Année de cueillette bien entendu!

 

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 11:32

aquarelle-isabelle.JPG

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 23:01

Le rédacteur de ce blog s'est permis de composer une bossa nova en citant toutes ces belles plantes que nous avons cueillies tout au long de nos promenades.

 

Je vous avais déjà mis l'eau à la bouche en vous donnant les paroles dans une rubrique antérieure.(sortie du 18 Novembre 2010)

Aujourd'hui vous pouvez vous connecter sur youtube en tapant 

papymb13 et en activant bossa nova bucolique.

 

ou bien directement en tapant:http://www.youtube.com/watch?v=7-NvIU_e-zk

 

 

bonne écoute!

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 14:29

CUEILLETTE DE PLANTES ET DE MOTS

LE LONG D’UNE SORGUE PROVENÇALE

 

            Textes écrits le 24 Septembre à Althen des paluds par 12 personnes.

 

1-Michelle et 2-Michel Bernard, 3-Corinne Cournand, 4- Mireille Enguent,

5-Elizabeth Favreau, 6-Danielle Masson, 7-Marie Paule et 8-Joseph Micol, 9-Catherine Nedelec, et ceux qui ensemble ont conçu et mis en place la proposition globale : 10-Anne Marie Rovai, détermination des plantes, 11-Roselyne Sibille, écrivain, 12-Yvon Javel, "accueillant", dont le texte essaie de témoigner de la trace que lui a inspiré  la ballade.

 

A partir de la proposition d’observation et de reconnaissance de plantes de bord de sorgue d’Anne Marie Rovai, et suivant la proposition d’écriture de Roselyne Sibille :

 

                                                            CHAQUE JOUR EST UN PRESENT

 

 

« Le véritable poète est celui qui découvre et révèle, où qu’il se trouve, la merveille. »

                                                                                                                                    p.108

« La poésie me semble là pour faire voir au regard usé, désabusé, que le monde n’a jamais cessé d’être étrange, lointain, désirable... »

                                                                                                                                    p.129

« Quelques paroles fraîches en état de désir, rien que pour avoir redécouvert confusément ce don léger du jour. »

                                                                                                                                     p.130

Philippe Jaccottet

Observations et autres notes anciennes

1947-1962

Gallimard

 

Nous allons marcher à la rencontre des plantes, et écouter Anne-Marie nous les présenter. Ne vous pressez pas. Installez-vous dans votre curiosité admirative. Vous écouterez, regarderez et rapporterez sur le papier ce que vous aurez vu et entendu tout simplement. Vous poserez vos observations sous la forme que je vais vous proposer. Soyez très attentifs et précis. C'est la multiplicité de nos observations, et la finesse de notre regard qui donnera la qualité de nos textes.

 

Vous allez écrire un poème fait d'un ensemble de cinq vers groupés qui commenceront par : « Entre l’été et l'automne » et finiront par « comme un don léger du jour ». Essayez de rendre toutes les nuances les plus fines, des « fragments de presque éternité murmurante » comme dit Philippe JACCOTTET.

 

Nous allons écrire ce que nous voyons, ce que nous avons vu. Et vous commencerez chaque nouvelle phrase par il y a. A l’école, les instituteurs pourchassent les « Il y a » comme des banalités. Or c’est une expression fort précieuse, qui amène à une certaine objectivité et nous allons l'utiliser exprès comme un leitmotiv pour scander notre texte.

 

Camille Laurens dans son livre qui s’intitule Quelques-uns fait un chapitre sur l’expression Il y a.

 

Elle écrit : « Il y a nous est fort utile. Ne nous rend-il pas le plus grand des services que peut rendre une langue : permettre l’accès à la réalité du monde sans passer par le filtre de la subjectivité ? Il y a place le réel devant l’objectif et nous en restitue les multiples aspects comme autant de clichés, sans flou, sans effets, juste cadrés ; professionnel sachant rester neutre, il ne tombe jamais dans la psychologie ou dans l’esthétisme : comme voici, il nous propose de voir ici ce qui est.

Il y a fait le petit bruit du déclencheur photographique – déclic de l’automatique, il n’attend pas que la réalité se compose un visage. Photomaton de la littérature.

 

Les maîtres ont bien tort de blâmer il y a dans les copies de leurs élèves ; répéter il y a, c’est témoigner au contraire de grandes dispositions à l’écriture, du désir de donner vite, vite, une image des choses avant qu’elles ne s’enfuient et le flot de cette locution si banale tente simplement d’accompagner le cours du monde. Il y a est le polaroïd de l’écrivain. »

 

1- Michèle Bernard :

 

Entre l’été et l’automne

Il y a le grili-grili de l’eau qui coule, clapotis joyeux et sensuel.

Il y a une grenouille dorée attentive et captive de nos yeux étonnés.

Il y a la saveur âcre et persistante du raisin, petites billes bleues accrochées à la vigne.

Il y a ce caillou léché par le courant qui prend des allures de jade plongé dans les algues

Il y a l’arbre mort qui n’en finit pas de se pencher vers cette eau, dernier refuge, vers une autre destinée

Comme un don léger du jour

 

 

2- Michel Bernard :

 

Entre l’été et l’automne

Il y a au bout d’une allée fauchée fraîchement l’enchevêtrement hostile de jeunes pousses de peupliers pubescents

Il y a les hampes festonnées de l’achillée millefeuille

Il ya son goût de fenouil, prolongé d’une amertume rédhibitoire.

Il y a le fuseau opalescent d’une cascade

Il y a Yvon, écalant les noix sauvages, nous faisant goûter l’âcreté rustique de ces drupes automnales 

Comme un don léger du jour

 

Entre l’été et l’automne

Il y a le mélange étrange des odeurs de l’humus et de la fange.

Il y a une feuille malmenée par les eaux glauques d’une Sorgue oubliée.

Il y a le cri agaçant d’une pie troublée par le plongeon précipité d’une grenouille apeurée

Il y a le feu d’artifice garance d’une fleur d’épilobe qui s’élance

Il y a les flèches empanachées de graines des chénopodes par centaine

Il y a les fleurs improbables de la clématite comme autant de soleils éclatés et insolites

Comme un don léger du jour                                      

 

 3- Corinne Cournand :                            

 

                                          Entre l’été et l’automne

 

Il y a les potentilles fleurissant les déserts

jouant de l’insipide

sous le regard rugueux

des calaments aigris

 

Il y a un silence de terre

à l’abri des noyers

 

Les clématites jouent à déchirer les lunes

 

Là il y a les ondes

 

Il y a au fond de l’eau

où s’enlisent les vagues

qui s’enroulent aux galets

et glissent au presque rien

un ciel qui s’ennuage

à l’ombre des bouleaux

 

Il y a des racines et des frênes

accrochés à la sorgue

figés dans l’infini

 

Comme un don léger du jour

 

4- Mireille Enguent :

Entre l’été et l’automne,

Il y a un samedi après midi clément pour une promenade en bord de sorgue,

Il y a l’accueil d’Yvon, l’enthousiasme de Danielle, la rencontre avec Catherine, jour

 

Entre l’été et l’automne,

Il y a le murmure de l’eau et mon envie de marcher dans le lit de la rivière,

Il y a les propos d’Anne marie Rovai, la mélodie de sa voix et son penchant pour la roquette,

Il y a la potentille, bien brave et bien gentille

Il y a le laiteron qui fréquente l’achillée et la consoude dans les mêmes pénates,

Il y a encore des noix mais toujours pas de libellule, comme un don léger du jour.…

Il y a la plante à l’odeur de goudron dont j’ai oublié le nom,

Il y a le pont rouillé qui enjambe la rivière,

Il y a l’absence de libellule et la présence de noyers,

comme un don léger du jour

 

 

5- Elizabeth Favreau :

 

Entre l'été et l'automne, entre deux ruisseaux, entre ciel et terre,
Il y a des arbres, des arbustes et des plantes, décryptés dans leurs noms et leurs usages.
Il y a des herbes; nommées, décrites, rattachées au repas partagé, qui relient les êtres et se transmettent jusque dans l'inconnu.
Il y a des fruits, raisins et noix, accrochés à leurs souches ou échoués sur le sol, qui nous invitent à goûter leur verdeur âcre.
Il y a des animaux qui se révèlent à nos yeux et nos oreilles; pies, pigeons, martin-pêcheur, insectes bourdonnants ou encore une minuscule grenouille invitant à l'effort pour l'apercevoir.
Il y a un air frais et chargé d'humidité qui lèche la peau, une odeur de terre humectée, des feuilles emportées par une eau bavarde.
Comme un don léger du jour.

 

 

6- Danielle Masson :

 

Entre l’été et l’automne,

Une sorgue qui va se jeter dans une rivière qui va se jeter dans une autre rivière qui va se jeter dans la mer.

À moi l’aventure ! dira la sorgue

Une cascade où les elfes des alentours, avant le lever du jour, tiennent conciliabule à voix basse.

Blablabla ! dira l’elfe

des jambes d’humain, des pattes de fourmi, des ailes de papillon. Tous troublent le silence de l’eau qui coule.

Aïe ! dit la fourni à la jambe de l’homme

Des brindilles, des bouts de bois, des branches, mille branches, des troncs, des arbres que le vent caresse.

Hou, hou ! chantent les vents de Provence

Sur un tas de branches, deux semelles de chaussure attendant leur propriétaire.

Un ! deux ! garde à vous !

Comme un don léger du jour.

 

Entre l’été et l’automne,

Une plaque de polystyrène

Des bouteilles en plastique sans bouchon, avec bouchon bleu, avec bouchon rouge

Un couvercle de poubelle

Le tout abandonné au fond d’un bras de la Sorgue.

Deux morceaux de rail abandonné et rouillés alors qu'ils rêvaient du Far West,

Un grillage rouillé supportant le poids des hommes,

Une vis sans fin

La passerelle d’un monde à l’autre

La porte d’entrée dans le monde des plantes comestibles

Comme un don léger du jour.

 

Entre l’été et l’automne,

Le chemin tracé par la faucheuse de l’homme

et non la faucheuse d’homme

Devenue sauvage la vigne aux grains de sang que le pape a planté en déposant sa monnaie

Le noyer dont le pape a gaulé les drupes pendant que son âne s’abreuvait, les sabots dans la Sorgue

Des baies rouges que le pape a semées pour m’ouvrir la voie

Les plumes blanches arrachées à la Liberté. Le pape les a cachées sous le tapis de violettes

Comme un don léger du jour.

 

Entre l’été et l’automne,

Un épilobe

Deux armoises

Trois petites étoiles rouges abandonnées au sol

Quatre et plus pissenlits

Cinq pieds de consoudes aux feuilles pour beignet

La promenade est finie.

Comme un don léger du jour.

 

Entre l’été et l’automne,

Un tronc d’arbre couché

Au garde-à-vous derrière lui quatorze chevaliers au bouclier de lierre

Veillant sur lui, des peupliers géants aux branches enlacées

Aussi… je ne sais plus…

Encore et encore…

Comme un don léger du jour.

  

7- Marie Paule Micol :

 

Entre l’été et l’automne,

Il y a des prairies normandes vertes et grasses, peuplées de plantes comestibles inconnues,

Il y a le pépiement lointain des oiseaux et le bourdon des insectes,

Il y a le silence apaisé de la rentrée des classes,

Comme un don léger du jour.

 

Entre l’été et l’automne,

Il y a la rivière qui chuchote et clapote, glauque de la dernière pluie,

Immobile et paisible au loin,

Plus pressée sur les cailloux,

Miroitante sous les taches claires du soleil,

Il y a les tiges plongeantes des frênes et des saules caressées par l’eau,

Les branches mortes, grises et minérales, qui structurent le paysage,

Les feuilles rouillées des platanes qui luisent, mouillées, au bord.

Il y a les lances dorées des noyers et le sang des cornouillers,

Les bonnets rouges des fusains et la pourpre des épilobes,

Comme un don léger du jour.

 

 

8- Joseph Micol :

 

Entre l’été et l’automne

 

Entre l’été et l’automne,

Il y a, comme un don léger du jour,

Cet esprit apaisé qui s’ouvre au paysage.  

Il y a, sur ce bord de rivière,

Le lent balancement d’une hampe fanée qui s’obstine.

Il y a, sous un ciel laiteux,

La tête déchue d’un pilier de pierre, gisant sans ombre sur la digue.

Il y a dans l’air, légères et brèves,

Ces deux notes inquiètes du passereau qui fuit.

Il y a ce calme qui s’enroule,

Du miroir irisé des camaïeux d’automne.

 

Entre l’été et l’automne,

Il y a, sur ces galets ordonnés par le temps,

Le murmure mouvant d’une tranquillité horizontale.

Il y a cette caresse mouillée sur les racines d’un frêne,

Pattes démesurées d’un improbable oiseau.

Il y a ce bruissement ridé de l’eau qui passe,

Qui module un sourd continuo dérivant de l’amont.

Il y a sur la rive, constellations pelucheuses,

Un ciel de clématites fanées échoué sur l’aubépine.

Entre les arbres, comme un don léger du jour,

Il y a la montagne bleue diluant son sommet, là-bas, dans une cascade  d’écume…

 

 

9-Catherine Nedelec :

 

LA DERNIERE DANSE DU PAPILLON

 

 

Entre l’été et l’automne…

Il y a une belle inconnue parme, gracieuse et discrète, juste pour les yeux

Il y a les épées acérées de l’acacia qui voisinent avec les clématites poilues

Il y a les mûres calcinées, desséchées qui s’effacent devant les aubépines rouges de victoire

Il y a l’armoise odorante qui s’écrase entre les doigts puis le calament nepeta qui invite au voyage mentholé

Il y a le dernier papillon blanc esseulé qui danse encore en souvenir de l’été

Comme un don léger du jour…

 

Entre l’été et l’automne…

Il y a sur le tronc blanc des bouleaux des blessures grises crevassées, esthétique primée de dame nature

Il y a l’araignée caméléon, couleur d’herbe sèche, avançant de patte en brin, équilibriste de microcosme

Il y a un homme parti sans son socle, il a déchaussé, il est à nu

Il y a la symphonie argentée des saules, bouleaux, peupliers et vaguelettes du courant triomphant

Il y a le charme qui tend son bras gracieux vers l’eau qui court, dégringole, sculpte la rondeur des galets

Comme un don léger du jour…

 

Entre l’été et l’automne…

Il y a l’arbre mort qui abandonne la course, garé contre le talus

Il y a un criquet fatigué, c’est la fin de l’été, qui voyage sur mon panier

Il y a l’herbe ployée sous nos séants qui peine à se redresser

Il y a les lanternes japonaises, rouges de timidité, qui cherchent à embrasser les potentilles

Il y a la libellule dorée, dans une danse de Saint-Guy silencieuse, qui se mire dans son reflet

Comme un don léger du jour…

 

 

10- Anne Marie Rovai

 

Entre l'été et l'automne, il y a :

La modeste violette qui nous offre ses feuilles sans ses fleurs que  nous avons cueillies au printemps,
Le picris à l'aspect rébarbatif , il ne faudra pas s'y fier, il est très bon cuisiné,
Le panais dont la racine nous a bien gâtée,
Le pissenlit toujours présent pour nous purifier,
L’amarante dont l'hampe de graines me fait penser au pompon des manèges, que dans mon enfance, je voulais toujours attraper, comme un don léger du jour.

 

 

11- Roselyne Sibille (écrit préalablement à la sortie, dans un autre lieu) :

 

Entre l'été et l'automne,

il y a une colline bleue qui s’allonge dans les feuillages

Il y a toute l’hésitation entre l’or et le vert

Il y a les roseaux, leurs toupets blonds comme une plaine de moisson

Il y a une zone de sol roux mêlé d’eau, couvrant l’eau, gagnant l’eau

comme un don léger du jour

 

Entre l'été et l'automne,

il y a le miroir infidèle, brouillé, qui aquarelle les reflets

Il y a un saut vigoureux de carpe, une impulsion, un dos brillant et les cercles d’eau qui s’éloignent

Il y a les cols verts qui effondrent leur vol dans la surface douce et docile de l’eau

Il y a là tout près, des bruissements dans le sec des feuilles, des frottements, des sursauts, des agitations invisibles

Entre l'été et l'automne,

il y a des chardons-sentinelles dans leur austérité brun-gris

Il y a la bécassine des marais –oh ma pauvre, quel drôle de nom !- qui plante son bec dans la vase

Il y a tous les cormorans qui découpent le ciel de croix noires en pochoirs

Il y a une odeur de vase presque sucrée qui passe en nappes dans les voiles du vent

comme un don léger du jour

 

Entre l'été et l'automne,

il y a un ruisseau fin qui chante près d’un râle d’eau besogneux au long bec rouge, bec qui fouit et tire je-ne-vois-quoi entre les tiges

Il y a un V en vol qui se forme et déforme

Il y a côte à côte deux longs hérons cendrés qui guettent

Il y a tout un monde de clairs et flous, d’ombres et de risées

comme un don léger du jour

 

 

12- Yvon Javel :

 

Parcours de sorgue à l’intérieur de nous même, comme un don léger du jour.

 

Une sensation de cheminement en profondeur a pour moi dominé cette après-midi où le groupe a comme adopté le comportement grégaire d’une tribu de la préhistoire dans son avancée incertaine de nomades cueilleurs. 

 

Faut-il retrouver en nous nos sensations archaïques pour nous soigner des blessures d’un parcours de vie, parfois chaotique ?

Faut-il apprendre à se préserver au sein d’une civilisation qui nous éloigne de plus en plus rapidement  de nos essentiels profonds,  de notre capacité à nous sentir vivre, cadeau de tous les instants ?

 

Oui ! Alors assurément, il faut mettre en jeu tous nos capteurs primitifs capables de nous permettre de trouver notre chemin avec tous nos sens mobilisés.

 

Imaginons un temps que nous avons été déposés quelque part sur une portion de cette terre, sans aucun recours à notre technologie habituelle. Se nourrir devient la première nécessité et nous voulons désespérément nous accrocher à la vie.

 

Tous, inconsciemment, nous recherchons des analogies avec des végétaux déjà connus et appréciés.

Alors, peut-être dans ce miracle d’être bien là, vivants, nous nous appuyons sur le sol de toute notre hauteur, pour utiliser ce contact tactile à la terre, écouter nos  pieds qui nous disent la nature du sol, son humidité, sa texture particulière…

Nous mettons ces informations et tous nos sens au service de notre quête continue de végétaux nourriciers, comme un don léger du jour.

 

Nous avons adopté le pas du cueilleur. Attentifs à tout ce qui répond au besoin vital de nous nourrir chaque jour en continu, nous prélevons ici et là la production de dame nature.

Est-ce bon ou pas pour se nourrir ?

Cette frêle tige feuillue terminée par une fleur délicate, va-t-elle aussi pouvoir répondre à certains de nos besoins essentiels ?

Allons- nous la manger crue, comme un don léger du jour?

 

Nos sens habituels suffisent-t-ils à prendre le relais de cette première observation, à questionner notre instinct originel dans ce qu’il éprouve d’intime et d’immédiat ?

C’est là que notre approche peut différer :

 

- Quand certains se baissent pour observer de plus près la belle inconnue,

d’autres commencent à la toucher du bout des doigts pour éprouver la texture plus ou moins prometteuse à leur palais, comme un don léger du jour.

D’autres encore, en saisissent un fragment qu’ils froissent et portent à leur nez, sollicitant des milliers de neurones nous reliant à des temps de plus en plus lointains…

Que nous reste-t-il d’une éventuelle transmission de nos ancêtres lointains ?

Comment se comportaient-ils devant des plantes inconnues, au fil de leur nomadisme vital ?

Il y a cette plante reconnue, qui nous laisse encore quelques légères hésitations dues peut être au changement de saison ou à ce milieu de vie différent qui a un peu modifié son aspect.

Nous cherchons maintenant à apprécier ses qualités gustatives dans une étape ultime de vérification.

La plante, suivant son état de maturité, exprime plus ou moins ses particularités ;  l’astringence, l’amertume, la douceur… le velouté.

Ces sensations sont en correspondance ou pas avec nos attentes, différentes suivant les moments et les jours, pour nous procurer ce plaisir rare d’une cueillette toute fraîche, dans l’humeur du moment, comme un don léger du jour.

 

Oui, bien sûr, la cueillette des champignons, nous invite à avoir la même prudence, mais, la période de ramassage est beaucoup plus limitée dans le temps. Pourtant, pour répondre à nos attentes, nous devons redécouvrir quelques-unes de ces lois mystérieuses qui nous conduisent aux lieux où ces végétaux recherchés se construisent en harmonie avec leur milieu.

Eux aussi doivent trouver une réponse à leurs besoins particuliers, leur aspect en témoigne.

Nos yeux, après avoir balayé l'espace devant nous, se posent sur les belles inconnues pour  nous permettre d’apprécier leur développement, taille, forme, couleur, état d’avancement, importance de la colonie…

Nous  évaluons la cueillette, pour ne pas risquer d’interrompre le cycle fragile. Notre avenir est peut être ainsi partiellement assuré. Notre crainte de revenir ‘’bredouille’’ s’est alors atténuée avec la découverte de cette nouvelle source végétale, comme un don léger du jour.

 

Il y a ce plaisir qui nait des réponses à ces différentes étapes de recherche et qui n’est pas une sensation mineure.

 

Il calme en nous notre sentiment instable d’appartenance à ce monde qui nous entoure, en nous reconnectant à l’homme de la préhistoire qui pourrait n’être jamais très éloigné de nous.  Peut être nous protège-t-il à notre insu de la perte des sens qui nous ont structuré depuis notre plus tendre enfance ?

 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 13:39

au-depart-1.JPG

 

Nous voilà à pied d'oeuvre, devant le site de Saint-Michel de Frigolet.

Le Seigneur nous octroie une belle journée ensoleillée et tous les dix -sept participants comptent bien en profiter, aprés le déluge des jours précédents.

Paniers et couteaux piaffent d'impatience en attendant les retardataires, mais la chaleur des retrouvailles fait patienter et les langues ne sont pas en reste pour raconter les derniers potins.

 

 

Nous partons en voiture, covoiturage oblige, vers la lône d'Aramon.

Nous constatons  l'occupation des lieux par des centaines d'écoliers qui piétinent allègrement nos plantes sauvages que l'on se promettait de récolter. Mais que c'est bon d'entendre ces voix juvéniles qui s'encouragent les uns les autres et qui respirent un air pur et oxygéné.

Aussi nous ne nous laissons pas abattre et nous faisons d'un talus notres jardin.

 

 

chicoree-a-la-buche-fait-des-envieux.JPG

 

 

Regardez-donc cet acharnement d'Anne-Marie , qui tient à toute force à nous montrer toutes les caractéristiques de la chicorée à la bûche! C'est qu'elle est  bien cachée la coquine! (la chicorée, pas Anne-marie!)

 

anne-marie-et-alain-herborisant.JPG

 

Deux nouveaux cueilleurs de l'association se prennent au jeu et remplissent vite leur panier de roquette, de silène (ou compagnon blanc), et de plantain.

 

 

 

anne-marie-et-jean.JPG

 

Anne -Marie toujours un livre de références à la main et Jean , bon élève, qui trie astucieusemnt chaque plante dans un sachet différent.

 

Nous allons ensuite vers Boulbon, où nous attendent les fameux nombrils de vénus, plantes rupestres et qui conviennent si bien à la confection de toasts! 

nombril-de-venus.JPG

 

un-thym-de-belle-taille.JPG

 

Il fallait l'oeil exercé d'Yvon pour dénicher ce splendide spécimen de thym. Non, ce n'est pas une illusion d'optique!

 

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Nous délaissons le sol avec ses plantes sauvages pour élever notre regard vers ce splendide spécimen de févier d'Amérique, au tronc et branches couverts d'épines ( jusqu'à 30 cm).

Certains se sevent des épines pour extirper les escargots de leur coquille afin de mieux les déguster.

Pour cette raison les provençaux appellent cet arbre l'arbre aux cacalouses (prononcer cacalawse)

 

rouleaux-de-printemps.JPG

 

Vers cinq heures nous revenons à l'abbaye, à la treille, pour vérifier nos cueillettes et assister à une petite leçon d'aquarelle par Françoise, puis nous dégustons la tisane de thym, les toasts aux nombrils de vénus , les rouleaux de printemps aux herbes sauvages et du gâteau au chocolat rehaussé, la riche et bonne idée,  de feuilles de romarin.

 

Les échanges entre cueilleurs vont bon train et Jean Gautier y va de sa recette des totènes  (encornets) farcies, spécialité de Marseille.Et pourquoi pas farcir les totènes d'herbes sauvages! A expérimenter!

 

A bientôt pour la prochaine sortie, le vendredi 2 décembre 2011!

 

 

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 08:53

Chers amis cueilleurs et cueilleuses,

 

Voici le calendrier de sorties de l’association Cueillette Cuisine et Compagnie pour la rentrée 2011. Nous serons heureux de nous retrouver pour cueillir, aquareller et partager une dégustation tout au long de 2011-2012.

 

14h00 : Se retrouver devant l’entrée de l’Abbaye ou sur le lieu de cueillette. Accueil,

départ sur le terrain, observation et cueillette des plantes.

16h : Retour à Frigolet, tri des paniers, atelier d'aquarelle, consultation des ouvrages,

dégustation d'un plat mettant en œuvre les plantes du moment, avec la recette.

 

Veuillez vous inscrire à l'avance pour toute sortie. Au moment de l’inscription, il vous sera précisé le lieu de cueillette.  La carte d'adhérent est fixée à 15 euros pour l'année pour une personne, 25 euros pour un couple. Participation à nos sorties est de 12 euros pour les membres de l’association, 15 euros pour les non-membres.

DATES DES SORTIES 2011-2012

7 octobre

 27 octobre

 16 novembre

 2 décembre

 7 janvier

 25 janvier

 16 février

 2 mars

 22 mars

 11 avril

 28 avril

 16 mai

 1 juin

 20 juin


Amener panier et couteau, matériel d’aquarelle si vous en avez (sinon l’association fournit dans un premier temps), cahier pour notes éventuelles …   Nous voudrons faire des croquis pendant la sortie afin de mieux préparer le travail de l'aquarelle. Réserver par retour de mail ou auprès d’Anne-Marie au 06 22 42 20 00 ou 04 90 27 03 90. Au plaisir de partager les sorties et les bienfaits de la nature.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 16:12

Voici les dates des sorties prévues pour cette année scolaire 2011-2012

Vendredi 7 octobre 2011

 Jeudi 27 octobre 2011

Mercredi 16 Novembre 2011

 Vendredi 2 Décembre 2011

Samedi 7 janvier 2012

Mercredi 25 janvier 2012

Jeudi 16 février 2012

Vendredi 2 mars 2012

Jeudi 22 mars 2012

Mercredi 11 avril 2012

Samedi 28 avril 2012

Mercredi 16 Mai 2012

Vendredi 1 Juin 2012

Mercredi 20 juin 2012

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